Bénévoles, la force de l’ombre (II)

21 Jan 2026 08:08   /   A LA UNE, ACTUALITÉS, ZNE

Après avoir mis en lumière l’engagement d’un bénévole de terrain, cette seconde partie de notre série donne la parole à Gildas Lebrun, président de la Zone Nord-Est. Un regard complémentaire et essentiel pour mieux comprendre le rôle central des bénévoles dans l’organisation, le développement et la pérennité du hockey sur glace. À travers son expérience et sa vision, il revient sur l’importance de l’engagement bénévole, les réalités du terrain, mais aussi les défis à relever pour continuer à faire vivre notre sport au quotidien. Une parole institutionnelle, au service d’une conviction partagée : le hockey ne peut exister sans ses bénévoles.

 

Vous êtes à la fois président de la Zone Nord-Est et président du club de Dammarie-les-Lys. Comment décririez-vous ce double engagement ?

C’est avant tout un engagement de continuité. Être président de club me permet de rester connecté au terrain, aux réalités des bénévoles, des dirigeants et des familles. Mon rôle au niveau de la Zone Nord-Est s’inscrit dans la même logique : accompagner, structurer et soutenir. Les deux fonctions se nourrissent mutuellement : ce que je vis au club m’aide à mieux comprendre les besoins des clubs de la Zone, et inversement.

 

Est-ce parfois difficile de concilier ces deux rôles ?

Oui, clairement. Le temps est la principale difficulté. Il faut savoir s’organiser, déléguer et surtout accepter qu’on ne puisse pas tout faire seul. Je ne suis d’ailleurs pas aussi présent aux entraînements que je le souhaiterais. Mais tant que l’engagement reste porté par le sens et la passion, l’énergie revient. Et je peux compter sur des équipes solides, aussi bien au club qu’au niveau de la Zone, je veux d’ailleurs les remercier, car ils font un travail incroyable et sans eux, je ne pourrais pas faire ce que je fais.

 

Qu’est-ce qui vous impressionne ou vous touche le plus chez les bénévoles que vous côtoyez ?

Leur fidélité et leur discrétion. Beaucoup donnent énormément sans jamais chercher la reconnaissance. Ils sont là tôt, repartent tard, trouvent des solutions quand il y a un problème. Ce dévouement, souvent invisible, forcent le respect.

 

Avez-vous un exemple concret, à Dammarie-les-Lys ou dans la Zone Nord-Est, qui illustre particulièrement l’engagement bénévole ?

À Dammarie-les-Lys, comme dans d’autres clubs de la Zone, je pense à ces bénévoles présents depuis des années. Ils ont vu passer des générations de joueurs, ont occupé plusieurs rôles, se sont adaptés aux évolutions. Sans eux, rien ne fonctionnerait durablement. Au niveau de la Zone, comment ne pas penser à Dominique Hervé qui abat un travail incroyable et fait son maximum pour faciliter la vie des clubs. Je n’oublie pas non plus notre webmaster qui fait que notre communication est juste au top. C’est pour cela que j’ai toujours du mal à accepter que les bénévoles soient parfois critiqués.

 

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un bénévole reste engagé sur la durée ?

Le sentiment d’être utile et de faire partie d’un collectif. Quand un bénévole sent qu’on l’écoute, qu’on respecte son investissement et qu’il a une vraie place dans le projet, il reste. La convivialité et la transmission jouent aussi un rôle clé. Le plaisir de faire ce qu’ils font, je le dis souvent aux nouveaux bénévoles dans mon club, ne le faites pas pour avoir de la reconnaissance, vous n’en aurez pas ou peu, et quand vous ne prendrez plus de plaisir à faire ce que vous faites, passez la main pour ne pas en souffrir.

 

Ressentez-vous aujourd’hui une forme d’essoufflement du bénévolat ?

Oui, on le ressent. Les contraintes personnelles, professionnelles et familiales sont plus fortes qu’avant. Les gens ont moins de temps disponible. Sans parler d’un désengagement : les formes d’engagement évoluent, elles sont parfois plus ponctuelles.

 

Comment attirer de nouveaux bénévoles, notamment des jeunes, dans les clubs et au niveau de la Zone ?

Il faut leur proposer des missions claires, adaptées à leurs compétences, et surtout leur donner envie. Les jeunes veulent comprendre l’utilité de leur engagement et pouvoir s’investir à leur manière. La formation, la valorisation des compétences et la confiance sont essentielles. Idéalement, ils peuvent définir par eux-mêmes leurs missions, ça les engage naturellement.

 

Quel rôle la Zone Nord-Est peut-elle jouer pour mieux accompagner les clubs sur cette question ?

Un rôle de facilitateur et d’organisateur. Facilitateur en partageant des outils, des bonnes pratiques. Organisateur pour définir les formules de championnats en collaboration avec Lionel Charrier et les CTL.

 

Si vous deviez parler des bénévoles avec votre coeur plutôt qu’avec votre fonction, que diriez-vous ?

Les bénévoles sont l’âme de nos clubs. Sans eux, il n’y aurait ni entraînements, ni compétitions, ni vie associative. Leur engagement dépasse souvent le sport : c’est un engagement humain, éducatif et social.

 

Quel message aimeriez-vous adresser aux bénévoles de Dammarie-les-Lys et de toute la Zone Nord-Est ?

Un immense merci. Merci pour votre temps, votre énergie, votre patience et votre fidélité. Ce que vous faites a un impact réel, même si vous ne le voyez pas toujours. Vous êtes indispensables.

 

Enfin, qu’est-ce qui vous motive, personnellement, à continuer à vous engager à ces deux niveaux ?

La passion, les rencontres et la conviction que le sport associatif a un rôle fondamental à jouer. Tant que je sentirai que mon engagement est utile et qu’il contribue à faire avancer les clubs et la Zone, je continuerai.