Du 16 au 18 janvier 2026, la patinoire de Cergy accueillera le Plan National de Détection n°2 (PND 2), premier véritable regroupement national de la saison pour les joueurs U15/U16 identifiés comme à fort potentiel. Après un premier tour organisé par zones à l’automne, cette deuxième étape marque un moment charnière du dispositif fédéral : toutes les zones de France sont désormais réunies, offrant une vision élargie, comparative et cohérente du vivier national. Au total, 72 joueurs ont été retenus pour ce PND 2 (liste des joueurs sélectionnés), issus des trois grandes zones de détection : Nord-Est, Ouest et Sud-Est. Une étape décisive, à la fois pour les athlètes, les staffs techniques et la Fédération, dans un projet qui dépasse largement la simple logique de sélection.
Du tour de zone à l’échelle nationale
Le PND 2 fait suite au PND 1, organisé à l’échelle régionale et zonale entre septembre et novembre. Pour la zone Nord-Est, cette premier étape s’était tenue à Amiens le 30 novembre dernier, avec 71 joueurs convoqués issus exclusivement de cette zone. Le passage au PND 2 change radicalement de dimension : il ne s’agit plus seulement d’évaluer des joueurs dans leur environnement régional, mais bien de les confronter à une référence nationale. Cette confrontation est essentielle. Elle permet de situer chaque joueur non plus uniquement par rapport à ses pairs habituels, mais face à des profils variés, issus de formations, de contextes et de cultures de jeu différentes. C’est précisément dans cette diversité que le PND trouve toute sa richesse.
Une répartition nationale révélatrice
La composition du groupe convoqué à Cergy illustre cette volonté d’équilibre et de représentativité du territoire. Le Sud-Est, traditionnellement très dense en termes de clubs et de pratique, reste fortement représenté avec 31 joueurs convoqués, tandis que le Nord-Est conserve une présence solide et structurée avec 26 joueurs. La zone Ouest, plus réduite en volume, 14 joueurs, n’en demeure pas moins pleinement intégrée au dispositif national. Au-delà des zones, le PND 2 offre également une lecture intéressante du travail des clubs formateurs. Parmi les structures les plus représentées au niveau national, trois clubs se détachent : Grenoble, inévitablement, avec 10 joueurs devançant Cergy et Villard-de-Lans avec 6 joueurs. Cette représentation n’est pas le fruit du hasard. Elle témoigne de la continuité des projets de formation, de la qualité de l’encadrement et de la capacité de ces clubs à accompagner les joueurs sur le long terme. À noter que Cergy, patinoire hôte de ce PND 2, figure également parmi les plus représentés, symbole d’un bassin francilien toujours très actif dans la détection au sein de la Zone Nord-Est qui compte également deux fiers représentants, Amiens et Dunkerque avec 4 joueurs chacun. Là encore, ces chiffres illustrent la vitalité du hockey dans le nord de la France et la diversité des structures capables d’alimenter le haut niveau.
Une philosophie claire : détecter, pas sélectionner
Depuis plusieurs saisons, le Plan National de Détection a profondément évolué dans sa philosophie. Longtemps, les regroupements nationaux ont fonctionné sur une logique très proche de la sélection : un joueur performant sur un week-end avait de fortes chances d’être retenu, parfois au détriment de son potentiel à moyen ou long terme. Le PND version actuelle s’inscrit dans une approche radicalement différente. La performance immédiate n’est plus une finalité, mais un indicateur parmi d’autres. Les staffs cherchent avant tout à identifier des profils capables de progresser, d’apprendre, de s’adapter et de répondre aux exigences futures du haut niveau international. Ainsi, un joueur convoqué au PND 2 n’est pas jugé uniquement sur ce qu’il est aujourd’hui, mais sur ce qu’il pourrait devenir demain. Lecture du jeu, capacité d’apprentissage, qualités athlétiques évolutives, comportement collectif, résilience mentale : autant de critères qui entrent désormais pleinement dans l’évaluation.
Le PND, passerelle vers le Projet de Performance Fédéral
Le PND s’inscrit comme une étape intermédiaire fondamentale entre la pratique en club et l’accès au haut niveau fédéral. Il répond à deux objectifs majeurs : préparer la constitution de l’Équipe de France U16 pour la saison suivante et identifier les joueurs éligibles au Projet de Performance Fédéral (PPF), véritable colonne vertébrale de la filière d’accès au haut niveau en France. À l’issue du PND 2, une première liste de joueurs éligibles au PPF sera établie. Le processus se poursuivra ensuite avec le PND 3, dernier regroupement national prévu au printemps, avant la constitution du collectif France U16 élargi pour le stage estival. L’un des piliers du dispositif actuel repose sur le travail mené en amont par les Conseillers Techniques de Ligue (CTL), dont le rôle consiste également à orienter et conseiller les entraîneurs de club sur les enjeux de formation, dans un contexte où ces recommandations peinent parfois à être pleinement intégrées dans les projets sportifs locaux. Dès la catégorie U13, les joueurs sont observés, suivis et évalués sur la durée. Le PND ne vient donc pas remplacer ce travail, mais le prolonger et le valoriser à l’échelle nationale. Cergy, en janvier, ne sera donc pas le théâtre d’un verdict immédiat, mais bien une étape supplémentaire dans un processus long, progressif et structuré, au service du développement du hockey français.

