De l’amour du maillot

12 Fév 2026 13:01   /   A LA UNE, ACTUALITÉS, ZNE

À la Saint-Valentin, on célèbre l’amour sous toutes ses formes. Celui que l’on porte à une personne, à une histoire, à des souvenirs. Dans le hockey sur glace, il existe un autre amour, plus discret mais tout aussi puissant : l’amour du maillot. Celui que l’on enfile pour la première fois trop grand, celui dans lequel on transpire, que l’on défend, que l’on respecte. Celui qui accompagne un joueur de ses premiers pas en U7 jusqu’aux catégories U20, et parfois bien au-delà.

Pour un jeune joueur, le maillot n’est jamais un simple bout de tissu. En U7, il représente avant tout l’appartenance. L’enfant ne comprend pas encore les enjeux d’un match, mais il sait déjà qu’il fait partie d’un groupe. Il reconnaît les couleurs, le logo, et surtout, il ressent la fierté de ressembler aux plus grands. À cet âge-là, aimer le maillot, c’est aimer être sur la glace avec ses copains, tomber, se relever et sourire, sans même regarder le tableau d’affichage. En grandissant, entre U9 et U11, cet amour prend une autre dimension. Le joueur commence à comprendre que le maillot se mérite. Il découvre les règles, les premières consignes collectives, l’importance du banc, du vestiaire, du respect de l’adversaire. Il apprend que le maillot ne se porte pas seulement pendant les matchs, mais aussi dans l’attitude : saluer, aider un coéquipier à se relever, écouter l’entraîneur. Aimer le maillot, c’est déjà commencer à se comporter comme un joueur de hockey.

Arrivé en U13 et U15, l’amour du maillot est mis à l’épreuve. Les matchs deviennent plus intenses, les rôles plus définis, la concurrence plus réelle. Certains jouent plus que d’autres, certains marquent, d’autres travaillent dans l’ombre. C’est souvent là que l’on comprend réellement ce que signifie défendre ses couleurs. Continuer à se donner, même quand le temps de jeu baisse. Soutenir un coéquipier en difficulté. Accepter une décision sans renoncer à l’engagement. Aimer le maillot, à cet âge-là, ce n’est pas toujours facile, mais c’est justement ce qui le rend sincère. En U18 et U20, l’amour du maillot devient plus conscient, presque réfléchi. Le joueur sait que son parcours touche peut-être à un tournant. Certains viseront le haut niveau, d’autres continueront par passion, d’autres encore s’arrêteront. Mais tous comprennent que chaque match compte, que chaque saison est unique. Porter le maillot, c’est alors représenter son club, ses éducateurs, les générations passées et celles qui regardent depuis les tribunes ou les balustrades. C’est accepter une forme de responsabilité, sur la glace comme en dehors.

L’amour du maillot, ce n’est pas seulement gagner. C’est aussi savoir perdre sans trahir ce que l’on représente. C’est rester digne dans la défaite, humble dans la victoire. C’est comprendre que le club existe avant soi et existera après soi. Les joueurs passent, le maillot reste. Et ceux qui l’aiment vraiment laissent une trace qui ne se mesure pas uniquement en buts ou en statistiques. Cet amour se construit aussi grâce aux adultes qui entourent les joueurs. Les entraîneurs qui transmettent les valeurs avant les systèmes. Les dirigeants qui donnent de leur temps. Les parents qui accompagnent, encouragent et parfois consolent. Tous participent à ce lien invisible entre un jeune joueur et ses couleurs. Quand un enfant ou un adolescent ressent que le maillot est respecté par ceux qui l’entourent, il apprend naturellement à le respecter à son tour.

À la Saint-Valentin, parler d’amour du maillot, c’est rappeler que le hockey est avant tout une aventure humaine. Un sport où l’on apprend à donner pour les autres, à faire partie d’un collectif, à s’engager même quand c’est difficile. Cet amour-là ne fait pas toujours la une, mais il est le socle sur lequel se construisent les joueurs, les équipes et les clubs. Car au final, que l’on ait 7 ans ou 20 ans, aimer le maillot, c’est aimer le jeu. Et cet amour, quand il est sincère, ne s’efface jamais vraiment.