Nouveaux enjeux pour les Play-Offs U18B

26 Mar 2026 09:25   /   A LA UNE, ACTUALITÉS, U18 (CDF)

Dans une saison, il existe des instants charnières, des points de bascule où tout ce qui a été construit pendant des mois se retrouve condensé en quelques minutes de glace. Les quarts de finale appartiennent à cette catégorie rare. Plus de calcul, plus de projection : seulement un match, une vérité, une qualification au bout de l’effort. Samedi 28 mars, les U18B entreront dans cette zone de turbulence où chaque détail prend une dimension décuplée, où les certitudes vacillent et où les rêves s’accrochent à la moindre étincelle.

Et d’entrée, le contraste saute aux yeux avec une opposition presque déséquilibrée sur le papier entre Rouen (2), impérial leader de la saison régulière avec douze victoires en douze rencontres, et l’entente Dijon / Besançon / Troyes, huitième avec un bilan parfaitement équilibré. Une affiche inédite, sans confrontation préalable, presque mystérieuse, où l’inconnue devient un terrain fertile pour l’imprévisible. Car si les Normands avancent avec la sérénité des dominants, leurs adversaires, eux, arrivent portés par une dynamique collective singulière. Thomas Defontaine ne s’y trompe pas lorsqu’il évoque « une bonne saison dans l’ensemble », soulignant surtout que l’objectif des play-offs a été atteint « malgré le fait d’être une équipe en entente, sans s’entraîner régulièrement tous ensemble, cela rend la cohésion plus difficile, c’est d’autant plus satisfaisant d’avoir atteint de niveau ». Une contrainte transformée en force, presque une identité, où « l’énergie mise sur la glace » devient le principal moteur « Nous manquons encore de constance mais quand nous sommes concentrés, nous pouvons être une équipe intéressante ». Face à l’ogre rouennais, le discours reste lucide mais habité : « On sait que Rouen est une équipe très solide, cela va être un gros défi », mais dans cet univers si particulier des matchs couperets, « Tout peut arriver. A nous de rester concentrés et de donner le maximum pour essayer de créer la surprise ». Alors les regards se tournent vers ces fameux détails, ces fragments invisibles qui décident du sort d’un match : « la discipline, la concentration et le respect des consignes du coach »… autant de fils ténus capables de faire chavirer le destin.

Un peu plus à l’est, le duel entre Évry-Viry (2) et l’entente Asnières / Franconville raconte une autre histoire, celle d’un renversement tardif, presque cruel. Les Essonniens ont arraché leur quatrième place dans un ultime élan, s’offrant au passage l’avantage de la glace, reléguant leurs adversaires à une cinquième place synonyme de déplacement. Pourtant, le souvenir du match aller reste ancré, presque brûlant : un cinglant 14-0 en ouverture de saison. Mais les play-offs ont ceci de particulier qu’ils effacent les certitudes anciennes pour en créer de nouvelles. Alexi Belhumeur, pour l’entente Asnières / Franconville évoque une équipe qui « a su gagner les matchs à enjeux » et surtout évoluer, grandir, en développant « une plus grande diversité offensive avec une plus grande pluralité de joueurs capables de marquer, c’est quelque chose qui manquait ces dernières années et qui nous apporte un vrai plus cette année ». Une mutation importante, presque structurante. Sur la glace, le collectif apparaît comme une évidence, nourri par « l’adrénaline » des grands rendez-vous « qui permet d’être au niveau dans les matchs importants, quand la pression augmente pour aller chercher la victoire », même si cette intensité peut parfois se retourner contre eux dans des matchs plus abordables « À l’inverse, les matchs plus abordables sont parfois plus compliqués pour nous. Dans les moments difficiles, certaines individualités savent ressortir pour aider l’équipe et faire la différence ». Le quart de finale s’annonce « compliqué », mais loin d’être insurmontable : la référence existe, elle est connue, et elle sert désormais de boussole. « Nous ne perdons pas espoir et nous croyons en nos chances. Si nous arrivons à reproduire un match comme ceux contre Mulhouse ou Valenciennes, nous pouvons clairement rivaliser avec eux. L’objectif sera de limiter les buts contre en renforçant notre défense pour augmenter nos chances de victoires » Alors tout se jouera dans cet équilibre fragile entre rigueur défensive et audace offensive, entre maîtrise émotionnelle et instinct de survie, car « le mental et l’envie d’aller chercher la qualification » seront, plus que jamais, les véritables juges de paix. « Il faudra être prêt, prendre ce match au sérieux et rester concentré jusqu’à la fin. Ça se jouera aussi sur des petits détails, comme bien dormir la veille et être concentré dès le début. Nous connaissons nos chances et nous allons tout donner pour aller chercher la qualification en demi-finale. »

Du côté de Cergy (2) et des Français Volants, l’affiche prend des allures de duel parfaitement équilibré, presque symétrique. Deux confrontations en saison régulière, deux scénarios opposés, deux vérités qui s’annulent : victoire 6-2 de Cergy à l’aller, réponse immédiate des Français Volants avec un succès 7-6 au retour. Une rivalité qui promet, forcément, une troisième manche incertaine, indécise, suspendue. Si nous avions à cœur de donner la parole à l’ensemble des acteurs de ces quarts de finale, malgré nos sollicitations, nous n’avons malheureusement pas pu recueillir le témoignage d’un joueur des Français Volants. Une absence que l’on regrette tant ce type de rencontre mérite d’être raconté par ceux qui la vivent de l’intérieur. Reste que l’équilibre de cette double confrontation suffit à lui seul à dessiner les contours d’un match ouvert, imprévisible, où chaque possession pourrait devenir décisive.

Enfin, le dernier quart de finale oppose l’entente Mulhouse / Colmar / Belfort à Compiègne dans une confrontation là encore inédite. Longtemps installée à la deuxième place, l’entente alsacienne a finalement glissé au troisième rang lors de l’ultime journée, une légère ombre au tableau d’une saison pourtant maîtrisée. L’alsacien, Timéo Morlet revient sur ce parcours avec lucidité : un « début de saison difficile » pour une équipe « en pleine construction », notamment avec des joueurs 2008 sollicités à des niveaux supérieurs, avant une montée en puissance progressive, portée par « une progression collective et une régularité retrouvée qui nous a permis de consolider notre place dans le haut du tableau ». Aujourd’hui, les fondations semblent solides, reposant sur « le physique, la cohésion et la bonne humeur », un triptyque simple mais terriblement efficace. L’inconnu reste total face à Compiègne, jamais rencontré cette saison, et c’est précisément ce qui impose la vigilance : « surtout ne pas sous-estimer l’adversaire et se donner à fond sur ce match à domicile, on compte sur les supporters ! ». À domicile, l’énergie du public pourrait devenir un levier supplémentaire, presque un carburant émotionnel. Mais comme souvent dans ces rencontres à élimination directe, tout se jouera ailleurs, dans cette capacité à « se donner à fond pour le maillot », à faire bloc, à rester discipliné, à appliquer « à la lettre les consignes du coach ». Et peut-être, surtout, dans cette lucidité glaciale au moment clé : celle de « convertir les opportunités en supériorité numérique », là où les matchs basculent, là où les destins s’écrivent. « La cohésion, la discipline et le dépassement de soi sont les armes pour la gagne, chacun doit prendre ses responsabilités, transmettre notre expérience aux plus jeunes, prendre du plaisir »

Ainsi s’ouvrent ces quarts de finale, entre certitudes fragiles et ambitions brûlantes, dans cet équilibre précaire où chaque équipe avance avec ses forces, ses doutes et ses espoirs. Samedi, la glace ne mentira pas.