U20 : un week-end pour un titre dans les Vosges

01 Mai 2026 09:01   /   A LA UNE, ACTUALITÉS, U20 (CDF)

Demi-finales samedi, finale dimanche, le tout à Épinal. En l’espace de deux jours, le championnat U20 livrera son verdict au terme d’un format resserré, imposé par le calendrier. Exit le carré final sur trois jours, place à une formule plus directe : deux demi-finales, puis une finale pour désigner le champion. Le tableau est en place : Épinal, solide leader de la saison régulière, affrontera Bordeaux, tandis qu’Angers (2) sera opposé à Dunkerque, champion de France en titre.

Des quarts qui ont posé les bases

À Épinal, les Vosgiens ont avancé comme un rouleau compresseur face aux Lions de Lyon. Deux victoires expéditives (11-2, 9-1), un véritable festival offensif. Le meilleur compteur spinalien de la saison régulière, Jules Wachowiak, a répondu présent avec cinq buts, bien épaulé par la jeune garde récemment sacrée championne de France U18A comme Mathis Genay (5 points). Plus âgé, Matéo Labat, prêté en Division 2 à Châlons-en-Champagne, qui n’avait disputé que deux matchs de saison régulière s’est montré tonitruant face aux Rhônalpins avec deux buts et sept passes. C’est donc Bordeaux qui se dressera face à eux. Sixième de la saison régulière, un classement trompeur tant l’équipe girondine possède de solides atouts notamment offensivement. Les Bordelais ont créé la sensation en quart de finale en évinçant les Comètes de Meudon, pourtant troisièmes, avec deux victoires maîtrisées (3-2, 8-4). Une performance qui repositionne clairement les Girondins comme un outsider très crédible.

Dans l’autre demi-finale, Angers (2) a construit sa qualification avec méthode face aux Corsaires de Nantes. Une victoire 3-0 lors du premier match pour se mettre à l’abri, avant un match nul 2-2 arraché au retour. Mais au-delà des résultats, c’est la particularité de cet effectif qui interpelle : les 17 joueurs alignés étaient tous surclassés, nés en 2008, 2009 voire 2010. Un écart générationnel marquant, notamment face à des joueurs né en 2005. Parmi eux, l’attaquant Ezechiel Le Saint, né en 2010, s’est illustré avec deux buts face à Nantes. Enfin, Dunkerque a dû batailler pour sortir du piège tendu par Rouen (2) sur l’Île Lacroix. Vainqueurs de la première manche 4-2, les champions de France en titre ont souffert lors du match retour, s’inclinant 4-3, mais ont validé leur qualification au cumul des deux rencontres. Une série accrochée, intense, à l’image de ce qu’explique leur attaquant Gabriel Roldan, meilleur buteur de la saison régulière côté nordiste : « C’était très serré, on n’a rien lâché, c’était très combatif, Rouen est une bonne équipe, on est vraiment contents d’avoir gagné. »

Une demi-finale sans repères

Place désormais aux demi-finales, avec une particularité : aucune confrontation cette saison entre les équipes. Un terrain totalement inconnu. Dunkerque, fort de son expérience récente, aborde ce rendez-vous avec ambition. Gabriel Roldan l’assume : « On aborde ça avec beaucoup de détermination et sans complexe. On reste concentrés sur nos forces. C’est vrai qu’on connaît moins certaines équipes, mais nos objectifs sont clairs : on veut gagner et aller chercher le doublé. » Un objectif qui s’inscrit dans la continuité du travail effectué par le club lorsque l’on souligne les deux finales de suite dunkerquoise : « Oui, ce n’est pas anodin. Dunkerque répond encore présent cette année. Il y a beaucoup d’efforts derrière, et c’est aussi une manière pour le club d’envoyer un message fort sur sa solidité et ses ambitions. »

Face à eux, Angers (2) avance avec une autre identité. Une équipe jeune, mais sans complexe. Ezechiel Le Saint pose le cadre : « Mon équipe vient à Épinal pour tenter de décrocher une médaille. » Et face à des adversaires inconnus, l’approche reste ouverte : « C’est toujours intéressant de rencontrer de nouvelles équipes, surtout qu’avec Dunkerque et Épinal l’opposition sera solide et mature. » La jeunesse angevine, loin d’être un frein, devient une dynamique collective : « Nous recherchons de l’expérience, notre équipe se connaît bien et va tout donner pour aller le plus loin possible. »

Epinal en position de force, mais…

Dans l’autre demi-finale, Épinal avance avec le statut de leader. Une position logique au vu de la saison et des quarts de finale, mais que les joueurs eux-mêmes préfèrent relativiser. Matéo Labat tempère toute notion de favori : « Je n’aime pas dire qu’une équipe peut être favorite dans ce genre de rendez-vous, mais une chose est sûre, c’est que l’équipe est prête à tout pour remporter ce titre. Nous allons aborder ce carré final avec des choses simples, je pense qu’il ne faut pas se poser de questions et jouer notre jeu. »

Face à Bordeaux, inconnu cette saison, l’approche reste fidèle aux principes spinaliens : « De mon point de vue, il va falloir commencer les rencontres de la même manière : prendre le premier face-off, premier shoot, première mise en échec. C’est un peu notre philosophie d’entame de match depuis le début de la saison et ça nous a permis de gagner beaucoup de matchs. » Et au-delà du jeu, c’est bien l’identité du groupe qui ressort : « Les forces de notre équipe sont logiquement notre solidarité : on se bat toujours ensemble dans les hauts et les bas. Nous sommes une équipe avec, pour certains, une grande différence d’âge, et c’est ça qui fait notre force. Pour certains gars de l’équipe, c’est notre dernière saison junior, alors nous sommes encore plus déterminés à finir ça en beauté. »

Quatre équipes, deux matchs couperets, et une seule certitude : il n’y aura pas de deuxième chance. Entre l’expérience de Dunkerque, la jeunesse décomplexée d’Angers, la puissance collective d’Épinal et la capacité de surprise de Bordeaux, tous les ingrédients sont réunis pour un week-end ouvert. À Épinal, en l’espace de deux jours, tout peut basculer. Et cette fois, il faudra être prêt dès le premier palet.